Le 9 février 2026, la Commission européenne a adopté de nouvelles mesures pour appliquer l’interdiction de destruction des vêtements et chaussures invendus. Une avancée pour l’économie circulaire, jugée insuffisante par plusieurs eurodéputés qui réclament des critères sur les matériaux renouvelables issues de sources durables (« sustainable-sourced renewable materials »).
Une nouvelle étape contre la destruction des invendus textiles
Le 9 février 2026, la Commission européenne a adopté des nouvelles mesures dans le cadre de l’application du règlement sur l’écoconception pour des produit durables (ESPR). Objectif : rendre effective l’interdiction de destruction des vêtements, accessoires vestimentaires et chaussures invendus pour limiter le gaspillage et l’impact climatique du secteur textile. Selon les estimations de la Commission, 4 à 9% des textiles invendus seraient détruits chaque année en Europe, générant 5,6 millions de tonnes d’émission de CO2.
Les nouvelles mesures précisent aussi les conditions dans lesquelles la destruction pourra être autorisée. Elle resterait possible dans certains cas spécifiques, par exemple pour des raisons de sécurité ou lorsque les produits sont endommagés. Elles instaurent également un format harmonisé de déclaration afin de faciliter la transparence sur les volumes d’invendus éliminés en tant que déchets. L’interdiction de destruction s’appliquera aux grandes entreprises à partir du 19 juillet 2026, puis aux entreprises de taille moyenne à partir de juillet 2030.
Le risque d’une réponse partielle à un problème sectoriel
Ces mesures constituent une avancée concrète vers une économie circulaire, incitant les marques à mieux gérer leurs stocks et à privilégier la revente, le don ou la réutilisation. Cependant leur portée reste limitée si elles ne s’attaquent pas au cœur du problème : la surproduction textile. Les invendus détruits ne représentent qu’une partie visible d’un modèle fondé sur la fast fashion et le renouvellement accéléré des collections.
Autrement dit, mieux encadrer la destruction est nécessaire mais cela ne suffira pas à transformer durablement un secteur dont l’empreinte environnementale reste massive.
Le débat s’ouvre sur les matériaux renouvelables issus de sources durables
Plusieurs eurodéputés appellent déjà à aller plus loin dans l’acte délégué textile à venir. Le 19 mars 2026, quinze membres du groupe de travail « Textiles durables » du Parlement européen ont adressé une lettre à la Commission pour demander que les futurs critères ne se limitent pas à la recyclabilité. Ils plaident pour que l’Union européenne encourage aussi l’utilisation de matériaux renouvelables issus d’un approvisionnement durable (« sustainable-sourced renewable materials ») afin d’éviter que la transition textile se limite à une approche centrée sur le recyclage.
Cette demande souligne un enjeu stratégique : une politique textile crédible ne peut reposer uniquement sur la gestion des déchets, elle doit aussi orienter la production vers des matières premières et des pratiques plus durables.
Un cadre européen encore à renforcer
En encadrant la destruction des invendus, l’Union européenne envoie un signal fort aux entreprises du textile. Mais la réussite de cette réforme dépendra de la capacité des futures règles d’écoconception à agir sur l’ensemble du cycle de vie des produits, de la matière première à la mise sur le marché.
Sans exigences ambitieuses sur la durabilité, la réparabilité et les matériaux, le risque est de déplacer le problème plutôt que de réduire réellement l’impact environnemental du secteur.