De nouvelles directions pour les Etats membres de l’Union
Le 12 janvier 2026, la Commission européenne a adopté de nouvelles mesures pour lutter contre les polluants éternels, également appelés substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (SPAS ou PFAS en anglais), présents dans l’eau potable. Ces nouvelles mesures s’ajoutent à la directive européenne de 2020 relative à la qualité de l’eau destinée à la consommation humaine.
Ces mesures s’inscrivent dans l’une des politiques que l’Union européenne (UE) semble poursuivre : rendre l’eau potable accessible à l’ensemble de la population et développer de bonnes pratiques à travers le programme Water Resilience Strategy.
Des pays comme l’Allemagne, la Suède, le Danemark, la Norvège et les Pays-Bas militent également pour que l’Union adopte une position plus ferme, à savoir l’interdiction totale de ces PFAS. À titre d’exemple, le Danemark avait déjà interdit les emballages alimentaires contenant des PFAS en 2020 et a récemment décidé d’interdire la présence de ces polluants éternels dans les textiles à partir de 2026, notamment dans les vêtements et les chaussures.
En quoi consistent ces nouvelles mesures proposées par la Commission
Le PFOS, l’un des composés les plus connus des PFAS, est présent à des niveaux élevés sur de nombreux sites surveillés en Europe. D’après les données recueillies sur environ 1 300 sites, en 2022, les seuils ont été dépassés dans 59 % des rivières, 35 % des lacs et 73 % des eaux côtières :
- L’Union demande aux États membres de surveiller le taux de PFAS dans l’eau potable, soit 0,1 microgramme par litre (µg/l). À défaut, les États peuvent adopter une limite de 0,5 µg/l pour l’ensemble des PFAS.
- Obligation d’informer la Commission des résultats, notamment sur le dépassement des limites, incidents pouvant survenir ou si nécessité de recourir à une dérogation
- Dans le cas d’un dépassement des limites, les États membres doivent prendre les mesures nécessaires pour réduire le taux de PFAS (interdire les sources contaminées, utiliser des traitements de décontamination, …)
Un devoir de surveillance, une réelle solution ?
La question de la qualité de l’eau représente un enjeu majeur aujourd’hui. Effectivement dans un rapport publié en janvier 2026 par la Direction générale de l’environnement, elle estime que le manque à gagner dû aux produits polluants éternels s’élèverait à 440 milliards d’euro si aucune mesure n’est prise d’ici 2050.
La question de la qualité de l’eau représente un enjeu majeur aujourd’hui. Effectivement, dans un rapport publié en janvier 2026 par la Direction générale de l’environnement, il est estimé que le manque à gagner dû aux polluants éternels s’élèverait à 440 milliards d’euros si aucune mesure n’est prise d’ici 2050.
Oui, l’Union européenne s’intéresse au sujet et met en place des mesures, mais peuvent-elles être considérées comme suffisantes ?
Tout d’abord, en passant par une directive, la Commission laisse aux États membres le choix du moyen d’action, leur permettant d’avoir une plus grande marge d’appréciation dans l’application de ces mesures.
Le premier pas est d’harmoniser, en présentant de grandes lignes directrices, les politiques nationales sans pour autant pousser une politique européenne commune stricte, malgré l’urgence et les besoins des populations. Une telle approche risque de mettre en évidence, voire d’accentuer, les disparités entre les individus selon les États membres.
Face à la problématique des PFAS, l’Union européenne adopte donc, pour l’instant, une position prudente.
La menace des lobbies
Une interdiction totale de ces produits chimiques est une possibilité mais qui semble lointaine, car l’influence des lobbies et des grandes industries au sein de l’Union empêcherait tout avancement concret sur la question.
Bien que certains États et la Direction générale de l’environnement plaident pour l’adoption de mesures plus strictes, il sera d’abord nécessaire de convaincre les autres États ainsi que la Commission.
L’interdiction des PFAS est un sujet qui divise l’Europe, mais auquel elle se doit de répondre. La solution résiderait dans la volonté de l’Union de favoriser le bien-être de l’ensemble de sa population en tournant le dos aux multinationales.