Guerre en Iran : l’avenir du Green Deal européen en question

La guerre en Iran met en lumière les fragilités énergétiques de l’Union européenne. Face à cette crise, le Green Deal est confronté à de nouveaux défis entre impératifs climatiques et sécuritaires. Cette réflexion interroge la capacité de l’UE à maintenir ses ambitions écologiques.

L’instabilité énergétique en Europe plonge certains États membres dans la panique

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, une préoccupation majeure domine les esprits : la flambée des prix de l’énergie, qui touche l’ensemble de l’Europe. Cette hausse pèse particulièrement sur les ménages de classe moyenne et populaire, déjà fragilisés par l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat. Pour beaucoup, cette crise énergétique ravive les inquiétudes quant à la capacité des États européens à protéger leurs citoyens face aux chocs géopolitiques.

Les États membres restent les décideurs sur leur politique énergétique mais l’UE encadre l’approvisionnement et les prix, elle s’est également engagée à réduire ses effets de serre . L’Union européenne tire encore 69 % de son énergie des sources fossiles mais reste fortement dépendante de l’extérieur, avec 57 % de son énergie provenant des importations.

Avec le Green Deal lancé en 2019, la Commission européenne a voulu renforcer les ambitions environnementales de l’UE. La loi européenne sur le climat, adoptée en 2021, fixe un objectif de neutralité climatique d’ici 2050, ainsi qu’une réductipéenne. Face à cette crise, le Green Deal est confronté à de nouveaux défis entre impératifs climatiques et sécuritaires. Cette réflexion interroge la capacité de l’UE à maintenir ses ambitions écologiques.on d’au moins 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990.

Face à cette situation, certains États membres envisagent de reculer dans leur politique environnementale. En Italie, le gouvernement considère l’idée réouvrir des centrales à charbon, il souhaite repousser à 2038 la fermeture définitive de ses quatre centrales au charbon, alors que leur clôture était prévue d’ici fin 2025. Les centrales sont actuellement en veille, mais pourraient être remises en service si la crise énergétique s’aggrave.

La France et la Belgique face à la crise énergétique

La France lance un plan de 240 millions d’euros pour réduire l’usage des énergies fossiles. Il prévoit l’installation de bornes de recharge pour camions électriques, des aides financières pour convertir les poids lourds à l’électrique, ainsi qu’une prime de 1 000 € pour aider 80 000 ménages modestes à installer une pompe à chaleur. Le gouvernement veut réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles, en passant de 60 % à 40 % d’ici 2030.

Quant à la Belgique , selon des données Eurostat et du Service public fédéral Économie, la part du pétrole et du gaz dans le mix énergétique belge a progressé de 55 % en 1990 à 66 % aujourd’hui.

Cette crise énergétique révèle à quel point l’Union européenne reste vulnérable tant qu’elle dépend largement des énergies fossiles et des importations. Si certains pays, comme l’Italie, freinent leur transition, d’autres, dont la France, tentent d’accélérer l’électrification pour réduire leur exposition aux chocs géopolitiques. La Belgique, elle, illustre les difficultés persistantes à diminuer la part des énergies fossiles dans son mix. Dans ce contexte, la capacité de l’UE à maintenir ses objectifs climatiques dépendra de sa volonté collective à investir rapidement dans des énergies locales, renouvelables et résilientes.

Inscription à notre newsletter