Désengorger la ville grâce à l’autopartage : une solution durable et écoresponsable ?

L’autopartage consiste à mettre des véhicules à disposition en libre-service, permettant usager·ère·s de les utiliser pour la durée et la destination de leur choix. À Bruxelles, de plus en plus de personnes ont recours à cette alternative.

Une tendance qui gagne de plus en plus en popularité

Aujourd’hui, plus de 50.000 personnes utilisent régulièrement les services d’autopartage.

Selon une enquête menée par Bruxelles Mobilités, 6 sur 10 ont abandonné leur véhicule personnel au profit d’applications, comme Poppy ou Cambio. Effectivement, sur 2200  utilisateur·rice·s questionnées et il a été constaté que 60% des usager·ère·s de Cambio et 40% des  usager·ère·s de Poppy ont réduit le nombre de voitures dans leur foyer après leur inscription à ces plateformes.

Cependant, 63 % des usager·ère·s de Cambio et 70 % des usager·ère·s de Poppy expliquent qu’ils/elles recommenceraient à utiliser un véhicule personnel si les plateformes n’existaient pas dans la région Bruxelles-Capitale. L’autopartage présente plusieurs avantages : réduction du nombre de véhicules en circulation et les émissions de CO₂, la diminution des embouteillages, la libération d’espace en ville et une baisse des coûts liés à la possession d’un véhicule.

Les familles deviennent également un marché important, un tiers des usager·ère·s ont un ou plusieurs enfant(s). Cependant, un défi subsiste toutefois pour les familles avec de jeunes enfants, en raison notamment de la logistique et de l’absence de sièges adaptés. Ainsi, pour favoriser le développement de l’autopartage, la région bruxelloise a lancé le plan « Green Deal Inclusive Carsharing ».

En quoi consiste le « Green Deal Inclusive Carsharing » ?

Il s’agit d’un plan visant à développer la durabilité et l’inclusivité du service d’autopartage. Sur le plan social, il s’agit de rendre l’autopartage accessible aux familles monoparentales, à mobilité réduite, aux seniors et aux foyers en situation de précarité ou de fracture numérique. Ce plan a été signé par 52 organisations, regroupant des opérateurs d’autopartage, des autorités publiques régionales et locales, des associations et des entreprises. Tout·e·s ensemble, ces acteur·rice·s se sont engagé·e·s à développer l’accessibilité, l’utilisation et la durabilité du service.

Les raisons de la « démotorisation » des usager·ère·s ?

Pour mieux comprendre cette tendances, l’exemple de la France est éclairant. Des études y ont été menées  concernant la démotorisation. La démotorisation, c’est-à-dire la décision de réduire ou de se passer de sa voiture personnelle, repose sur plusieurs facteurs liés aux habitudes de mobilité et à l’offre de transport dans chaque zone géographique. L’usage régulier de modes de déplacement alternatifs, comme la marche, le vélo ou les transports en commun, joue un rôle important : par exemple, 56,4 % des usager·ère·s considèrent que la marche a influencé leur décision de se démotoriser. Ces pratiques ont également influencé le recours à l’autopartage, les personnes privilégiant déjà ces modes se tournant naturellement vers cette solution.

Pour beaucoup, l’accès à ce service conditionne directement la décision de se séparer de leur voiture personnelle. Grâce à cette substitution, l’autopartage évite entre 10 000 et 19 000 km de circulation en voiture personnelle par an et par voiture partagée en France.

Un service encore à développer en Belgique

L’opérateur d’autopartage Miles a annoncé en mars 2025 qu’il mettait fin à ses services en Belgique, seulement deux ans après son lancement à Gand, Bruxelles et Anvers, en raison de problèmes récurrents de vandalisme, d’usage abusif des véhicules et de tentatives de vol qui ont rendu son modèle économique non viable malgré plus de 180 000 utilisateur·rice·s.

Néanmoins, la Région de Bruxelles-Capitale prévoit des améliorations pour renforcer l’autopartage. Elle souhaite diversifier la flotte avec davantage de véhicules utilitaires et de grande capacité, des équipements comme des sièges enfants, porte-vélos et attaches-remorque seront mis à disposition pour faciliter la vie familiale et les loisirs. De plus, la région envisage également d’intégrer la carte Mobib comme clé universelle, même si cette solution reste complexe à mettre en place.

L’autopartage constitue une solution de mobilité durable, capable de réduire la dépendance à la voiture individuelle et d’améliorer la fluidité urbaine. Son impact réel sur les habitudes de déplacement dépend cependant de son accessibilité et de l’adoption par un nombre suffisant d’usager·ère·s.

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