Le 18 et 19 juin 2026, la ville de Kiel, en Allemagne, a accueilli le Living Lab on Blue Tourism Economy and Responsible Tourism, organisé dans le cadre du projet européen Blue Dots. L’événement a réuni des acteur.ice.s de l’économie sociale, entreprises, expert.e.s et organisations engagées dans l’économie bleue pour réfléchir à des modèles côtiers plus durables, inclusifs et résilients.
Un Living Lab pour imaginer un tourisme bleu plus responsable
Organisé dans le cadre du projet européen Blue Dots, l’événement Living Lab on Blue Tourism Economy and Responsible Tourism a réuni des praticien.ne.s, expert.e.s et innovateur.ice.s autour des différents secteurs de l’économie bleue. L’objectif : faire émerger des solutions, partager des expériences et renforcer la contribution de l’économie sociale à une économie plus innovante, verte et inclusive.
Pendant deux jours, les participant.e.s ont pris part à des visites de terrain et à des ateliers consacrés à la transformation du secteur maritime, au financement durable à long terme, à des nouvelles manières de penser l’économie touristique maritime, ainsi qu’au développement d’infrastructures numériques coopératives et durables. Des organisations actives dans différents secteurs maritimes (pêche, aquaculture, tourisme, technologies marines, etc.) ont également partagé leurs expériences. Ces échanges ont permis de mettre en lumière les réalités et les perspectives auxquelles sont confrontés les secteurs traditionnels, mais aussi les possibilités qu’offrent l’innovation, la coopération et les nouveaux modèles économiques.
Le tourisme côtier face aux grands défis européens
À travers ces échanges et ces expérimentations, le Living Lab illustre un principe central de l’économie sociale : faire de la coopération et de l’ancrage territorial des leviers d’une transformation économique plus durable et inclusive. Mais l’expérience de Kiel prend tout son sens lorsqu’elle est replacée dans un contexte européen plus large. Le tourisme côtier constitue aujourd’hui le principal secteur de l’économie bleue européenne. En 2023, il représentait 54 % des emplois et 37 % de la valeur ajoutée brute de l’économie bleue de l’Union Européenne.
Cette importance économique s’accompagne toutefois de fortes pressions sur les territoires et leurs écosystèmes : pollution marine, érosion côtière, changement climatique ou encore dégradation de la biodiversité. Le défi ne consiste donc plus seulement à développer l’activité touristique, mais à construire des modèles capables de préserver les ressources naturelles et les communautés qui font vivre ces territoires.
L’économie sociale, un levier pour concilier tourisme et transition écologique
C’est précisément dans ce défi, celui de continuer à bénéficier des retombées du tourisme sans fragiliser les territoires et leurs écosystèmes, que des initiatives comme le Living Lab peuvent contribuer à faire émerger de nouvelles pratiques. L’événement de Kiel montre notamment comment l’économie sociale peut prendre part à cette transformation. Les coopératives et entreprises sociales peuvent favoriser la participation locale, expérimenter de nouveaux modèles économiques et intégrer d’avantages les enjeux environnementaux dans leurs activités. Elles peuvent ainsi contribuer à rapprocher développement économique, besoins des communautés et préservation des écosystèmes.
L’intérêt du Living Lab on Blue Tourism Economy and Responsible Tourism n’est peut-être donc pas nécessairement de proposer une solution unique, reproductible à l’identique partout en Europe. Sa valeur réside plutôt dans sa capacité à créer les conditions d’une expérimentation collective et à permettre aux territoires européens de construire leurs propres réponses. En créant des réseaux, en faisant circuler des idées innovantes et en rapprochant des acteur.ice.s de secteurs différents, des initiatives comme celle de Kiel ouvrent ainsi une réflexion plus large sur le rôle de l’économie sociale dans la transformation du tourisme côtier. L’enjeu est alors de ne plus considérer le tourisme uniquement comme une source de développement économique, mais comme un possible levier de transition écologique, de coopération et de résilience pour les territoires européens.